dimanche 13 mai 2018

Mère, femme qui met au monde et qui saigne de temps en temps

Voici le cadeau que je me suis fait pour la fête des Mères !
Un cadeau symbolique …un cadeau rituel qui m’a mené vers de grandes réflexions que j’ai envie de vous partager … un cadeau pour honorer la femme que je suis, la femme que je suis devenue au fil des lunes.

Lorsque j’ai vu cette culotte menstruelle je me suis exclamée « Oh comme elle est belle ! » et j’ai eu envie de l’avoir …  Des culottes menstruelles et des serviettes lavables j’en ai déjà plusieurs puisque je n’utilise que cela depuis 20ans déjà ! Mais celle là j’ai eu envie de l’avoir, comme on possède un trésor ! J’ai eu envie de sentir mes mains glisser sur ce tissu fleurie, me sentir parée, belle, fleurie et magnifiée lors de chacun de mes saignements. Je me suis imaginée les enfiler comme on prépare un rituel… avec intention, avec conscience. De ces moments où l’on arrête le temps, ou le présent est dans nos gestes emprunts de la sagesse de l’instant tout en sachant que chacun d’eux préparent un passage … un pas vers l’avant, un pas vers plus grand … un pas par en dedans, au creux de notre intimité ou se loge nos secrets et le rêve de nos ailes déployées… comme à la veille d’un mariage, d’un anniversaire ou d’un enterrement. ou d’un accouchement.

J’ai eu envie de m’offrir cette culotte pour honorer ma fertilité, ma maternité, ma capacité à mettre au monde des enfants, à relayer la vie, à allaiter pendant des années, à faire grandir en mon sein la vie et la porter jour et nuit en transvasant mon énergie vers eux, vers leurs petits corps, leurs petits cœurs, leurs âmes immenses … du matin au soir et du soir au matin, dans une énergie d’abnégation et d’épanouissement propre aux mères !
Mais maintenant que mes enfants ont grandi j’ai eu aussi envie de m’offrir cette culotte pour célébrer ma créativité d’esprit, les enfants idées, les enfants projets qui continuent de grandir dans mon ventre. J’ai eu envie d’honorer ce flux d’énergie qui me met au monde un peu plus chaque mois, qui nourrit tout ce que je porte, cette danse qui me chevauche cycle après cycle et me permet de réaliser qui je suis, de prendre conscience de l’ampleur de mon être, de l’étendue de ce qui m’habite … de ce qui se niche au creux de mon ventre et que je transmets au monde par mes créations… mes créations  multiples, techniques, pratiques, philosophiques, artistiques, domestiques,  inventives, intuitives que je partage au monde telle une offrande, la part de moi même que je mets au service des autres pour contribuer à la communauté dans laquelle je vie, soutenir la terre, rêver le village planétaire … et aussi celle que je garde secrète…  celle qui me fait m’assoir en Teyoweh, dans la tranquillité, la tranquillité de ce qui se tisse en moi et prend forme au fil du temps… au fil de mes ovulations et de mes menstruations.

En voyant cette culotte j’ai aussi pensé à ma mère et mes grands mères… à ma fille.
Chaque fois que le sang coule je me sens liées à elles, reliée par un file rouge invisible et pourtant bien présent. J’entends leurs histoires, leurs souvenirs. J’entends ma mère et mes grands-mères me raconter comment elles attachaient des bandes de coton à l’intérieur de leur culotte, comment elles les lavaient avant de les étendre au fond du jardin pour les faire sécher. Certes ce n’était pas toujours d’un confort absolu et cela se faisait discrètement à l’abri des regards…. comme la plupart des grands rituels ! Dans ces gestes d’attacher, de laver, de sécher, de partager un secret il y avait un lien, une complicité, la conscience d’être traversé par quelque chose de mystérieux que toutes les femmes partageaient même silencieusement. Alors qu’aujourd’hui, au moment où l’on se pense libérées des tabous, les règles, ce sang incroyable qui coule entre nos jambes est plus que jamais nié. On l’affuble de bleu,  le capturons à la source au point de générer des chocs toxiques ou l’absorbons à grand coup de serviettes en plastique rose, emballées dans de petites enveloppes. Tout pour ne pas se dévoiler, pour ne pas que ça se sache, que cela paraisse, que cela sente, que cela se voit … tout pour effacer encore un peu plus l’essence sacrée de la Femme en lui faisant croire qu’on la libère de sa souillure. Tout pour gommer nos pouvoirs, nous déconnecter de cette grande force créatrice de laquelle nous détenons tant notre douceur que notre fureur, la fabuleuse médecine de notre cyclicité, de notre nature cyclique à l’image de la grande, vaste, puissante et incontrôlable nature Sauvage. Alors mes culottes de menstrues je veux les étendre fièrement sur ma corde à linge, plutôt que de les faire discrètement disparaitre à la poubelle, afin que tout le monde sache que je suis menstruées et que j’en suis fière … fière fille de la Terre.

J’ai eu envie aussi de m’offrir cette magnifique bobette de menstrue  pour honorer les cycles qu’il me reste … parce que ceux ci sont comptés. Qui l’eu cru, moi l’adolescente qui en a été malade  pendant des années au point de vomir, la jeune femme qui a hurlé de douleur et d’injustice, la femme qui a tant pleuré cette matrice inutile et infertile, moi qui ai supplié pour que ça s’arrête, recroquevillée en larme sur mon canapé, prostrée, amputée… qui aurait cru qu’un jour j’aurai à apprivoiser le fait de ne plus saigner… qui aurait cru qu’un jour un bâton de Lune me délivrerait toute sa sagesse, me permettrait une grande réconciliation avec mon corps et m’initierait à ce fabuleux pouvoir, ce don de féminité ? Jamais je n’aurai pu deviner qu’au fil du temps ces saignements redoutés et détestés deviendraient précieux,  porteurs d’enseignements, d’accompagnements… preuves ultimes de ma fertilité et de ma créativité de corps et d’esprit.  Ainsi le jour où j’arriverai au bout de ce chemin j’aurai certainement un deuil à faire même si je sais qu’il s’agira de portes pour un autre monde, une autre initiation, un autre grand rite de passage qui m’ouvrira d’autres voix de sagesse, d’accomplissement et de transmissions.

Alors en attendant je veux en profiter… en profiter encore 5 ans, 10 ans … profiter de ces hormones qui m’apprennent qui je suis, qui m’insufflent des pouvoirs et possibles différents, qui me sculptent dans ma volonté et mon humilité qui alimentent ma créativité, ma fertilité. Je veux honorer cet incroyable élan de créer ma vie et de porter les graines de milles et un rêves et projets en étant parée de fleurs ! Créer qui je suis…  mère d’enfants, mère de moi même, mère Terre, Terre-Mère  nourricière !



* Cette magnifique culotte est une création de la Girafe bleue girafebleue.ca
* D'autres créations très chouette ici chez Madame L'Ovary mmelovary.com

* Je ferai ma commande vendredi, si des femmes de l'Est veulent se joindre à moi, vous êtes bienvenues :)

dimanche 29 avril 2018

Rituel le Réveil de nos graines



Après de longs mois d’hiver, de froid, de neige, de repli où j’ai eu l’occasion de réaliser les rituels en lien avec le Rêve de la femme hiver (janvier), La sagesse de la Femme blanche (Février),  La traversée de nos tempêtes (mars) arrive enfin le printemps tant espéré et le Réveil de nos graines. Le moment de sortir de nos tanières, de notre introspection et d’entrer dans un temps de Création baigné de lumière.

Pour l’occasion j’ai eu envie de vous inviter à la médecine du corps… inviter notre corps à ce que nous vivons, afin de donner du corps à nos avancées, par le biais d’une méditation active.
Une méditation à mimer, acter, vivre, intégrer et promener dans notre corps, dans nos cellules et ainsi réveiller et revitaliser nos corps endormis, engourdis par ce long hiver, mais à présent prêts au grand Réveil, au grand déploiement !

Roulées en boule sur vous même reliez-vous à votre utérus... ce petit triangle situé juste sous votre nombril. Imaginez-vous sous la terre, à l'abri du monde. Dans la tiédeur de votre utérus imaginez une graine. Sentez la moiteur de la terre, la chaleur mêlée d'humidité. Sentez la terre autour de vous, autour de votre utérus, comme si vous étiez la Terre et deveniez un terreau fertile pour vos rêves et projets à venir.

Faites quelques respirations profondes pour laisser les sensations et les images infuser dans votre corps. 

Doucement tendez l'oreille et sentez, écouter la pulsation de votre coeur dans votre utérus, écouter cette pulsation au sein de la graine que vous portez, la pulsation de vie qui court en vous. Sentez ce battement doux et régulier, s'étendre en vous, s'amplifier à mesure qu'il se déploie dans votre être, dans cette grande noirceur à l'abri de la Terre. C'est le son de vos créations à venir, la musique de votre être.

Ecoutez et respirez aussi longtemps que vous en aurez envie.


Petit à petit observez, sentez cette graine précieuse qui se love dans votre utérus. Sentez celle-ci palpiter. Imaginer que cette graine s'éveille doucement, mue par une force tranquille mais déterminée.  Des petites racines poussent doucement, s'allongent et s'enfoncent au plus profond de votre être vous apportant ancrage, enracinement, solidité tout en contribuant à vous nourrir, à vous alimenter d'une énergie nouvelle.

Prenez le temps de respirer, de ressentir, de vivre ce moment de germination qui s'offre à vous et vous habite à présent.

Puis sentez que votre graine poursuit son odyssée. La voilà qui s'ouvre et fait émerger une tige. Une tige souple et sensible et pourtant forte, audacieuse, déterminée, guidée par la lumière, par la certitude que c'est la bonne direction.
À mesure que cette tige s'allonge en vous, sentez se déployer des petites feuilles et d'autres encore et encore. La tige court à maintenant par delà votre coeur, se gorgeant au passage de l'amour que vous portez en vous, de l'amour pour ceux que vous aimez, de l'amour que vous avez pour vous, de l'amour dont vous rêvez pour le monde, de l'amour qui guide vos rêves et projets. En poursuivant sa croissance, la tige et les feuilles se nourrissent et s'emplissent de qui vous êtes, de vos expériences, de vos sagesses, de tout ce que la grande noirceur hivernale vous a appris et qui à maintenant vous rend plus forte, plus consciente, plus hardie.
À présent libérée de sa coquille, c'est comme si rien ne pouvait l'arrêter. La voilà qui continue de s'étendre, de pousser, de grimper, de se déployer jusqu'à votre tête rendant vos idées claires, limpides, précises. Arrive ensuite le chacra coronal où elle reçoit la lumière du Soleil telle une bénédiction, une invitation à se déployer encore et encore, à grandir, à se réaliser à concrétiser la semence particulière dont elle est porteuse.

Ainsi des fleurs commencent à apparaitre, à s'ouvrir, à embaumer offrant au monde la beauté qu'est la votre, les créations dont seules vous êtes capables et attirant nombres d'insectes, oiseaux venus profiter de cette offrande nourricière, guérisseuse, généreuse, porteuse de tous les possibles.

Observez ces fleurs, ces feuilles, ces insectes, ce microcosme issu de vous comme une oeuvre magistrale, une gigantesque symphonie vibrant de tout son être, de toute son âme, de toute votre âme ... une oeuvre magistrale à laquelle vous avez insufflé la vie. Sentez la chaleur du Soleil se répandre sur vous, les gouttes de pluie glisser sur vos feuilles et le long de votre tige jusqu'à vos racines dans la terre. Dressez vous dans toute votre verticalité et sentez que vous ne faites qu'une avec toutes les parties qui vous habitent. Vous êtes ancrées au sol, offertes aux éléments, en lien avec le ciel et la terre, un arc en ciel dans le ventre. Vous rayonnez, vous rayonnez d'avoir créé qui vous êtes, d'avoir osé vos projets, d'avoir partagé la graine qui vous habite.

Sentez qu'à de nombreux endroits sur terre, des milliers de femmes sont dans la même posture que vous, dressées, fières, résilientes, vivantes, prêtes à laisser pousser leurs créations, à laisser devenir qui elles sont !
Respirez et insufflez autour de vous ce sentiment puissant, grandissant et honorant.
Accueillez cette vague de force et de vitalité qui vous traverse.
Sentez toutes vos racines interalliées et la sororité grandissante et florissante.

Profitez de ce moment rempli d’élan pour en imbiber chacune de vos cellules, chacun de vos recoins. Respirez, avalez à grande goulées, goûtez toute cette intensité, cette montée de sève qui vous envahit. 

Petit à petit, retournez dans votre utérus, avec la conscience du chemin parcouru, retournez à votre graine à présent déployée et remerciez votre corps, votre coeur, votre âme de rendre possible un tel périple. Intégrez et ressentez au plus profond de vous, cette nouvelle essence qui court à présent dans vos veines. Ancrez en vous se souvenir afin de pouvoir vous y reporter, vous y ressourcer chaque fois que vous en aurez besoin. 



Il ne vous reste plus qu'à vous lever, et à vous élancer pour de vrai, dans la réalisation de vos rêves et projets en sachant qu'à présent votre graine est bien réveillée !

Rituel
De façon à garder présente et vivante cette méditation je vous invite à dessiner sur votre ventre, votre utérus florissant ! Vous pouvez utilisez des crayons à maquiller ou des crayons feutres lavables.
Vous pouvez également placer un bol d’eau sur votre autel afin de maintenir le lien avec la médecine de l’eau dont sont porteuses les femmes dans leur grande capacité à créer la vie dans de nombreuses formes et couleurs.


* Cette méditation est inspirée de la méditation pour la bénédiction mondiale de l’utérus réalisée par Miranda Gray

lundi 26 mars 2018

mardi 26 décembre 2017

L’enseignement du corps ou la sagesse de l’instant

Nous étions un petit matin, un petit matin tranquille et excité à la fois… les yeux encore ensommeillés, l’estomac passablement alourdi et le cœur battant la chamade tant les enfants nous pressaient de venir nous rassembler au pied du sapin où les cadeaux avaient été déposés la veille. L’impatience gagnait les petits qui à présent nous sommaient de venir.

Soucieuse de ne manquer aucun de ces précieux moments où la magie est palpable, je passais par les toilettes avant d’enfin aller m’assoir. En quelques secondes, à la vue du sang au moment de m’essuyer, je passais dans un autre monde, celui de ma féminité, celui de la femme en moi, celui du lien à mon corps et à mon essence spirituelle. Tout à coup la magie de Noel était bien loin. D’immenses portes venaient de s’ouvrir par lesquelles j’étais happée avec une vigueur remarquable. Un flux de sensations, de réflexions, de compréhensions. Alors que l‘heure était à la fête, au papillonnage, ces quelques gouttes de sang m’enracinaient, me liaient à moi dans une intensité une exigence remarquable. Ces menstrues me prenaient au dépourvu. Ce n’était pas le jour. Pas au sens où ça tombait mal, mais au sens où j’en étais à 15 ou 18 jours tout au plus. Je le savais parce que j’avais vérifié avant de partir de chez nous… et c’est ce qui faisait que l’instant n’était pas anodin, que je sentais mes racines s’allonger, mon ancrage s’aplomber et quelque chose de subtil et doux se déployer en moi. Quelques jours auparavant j’avais éprouvé de grands frissons, de longues journées à être gelée que j’avais mise sur le compte de mon retour de Guadeloupe, un mélange de fatigue et de choc thermique. C’était ensuivie cette fameuse chaleur bouillante que j’avais trouvé bizarre. Puis un pic de libido. Mais surtout un matin j’avais senti cette fracture en moi, le moment précis où une partie de mon être s’affaisse laissant place à une irritation bien plus forte que moi. Mais c’était subtil, tellement subtil, comme une poussière plus lourde que les autres qui serait tombée sur mon cœur. C’est cette poussière qui m’avait fait sortir le calendrier pour vérifier la date du dernier saignement, pas dans l’idée de faire un calcul précis, puisque mon cycle était très variable et m’apprenait depuis quelques années à vivre avec ces fluctuations de moi même non planifiées (!), mais plutôt seulement pour y trouver un repère. Et le calendrier avait été clair. La simple vue de quelques cases alignées avait suffit à faire taire mon senti, bafouer mon instinct, enterrer mon entièreté. Ma tête avait rationnalisé, le reste de mon être s’était soumis. Ce n’était pas le temps. Fin de la tergiversation.

Pourtant deux jours plus tard, le sang coulait bel et bien.
Je m’étais tellement bien niée que je n’avais pas mes serviettes lavables avec moi et que je me trouvais à un endroit où je risquais fort de devoir passer les deux prochains jours avec un mouchoir ayant appartenu à ma grand-mère, plié en quatre dans le fond de ma petite culotte. Je me trouvais encore plus insignifiante de ne pas m’être fait confiance.

Mais le corps a ses enseignements et dans tout ce brouhaha j’ai souri.
J’ai souris parce que bien que ma mère garde à présent son sang pour elle*, elle a un coffre secret dans lequel elle a placé tout ce qu’il faut pour sa fille et ses petites filles. Ça m’a beaucoup émue d’observer ce cercle continu… de penser qu’un jour ma mère avait été jeune fille, puis que ça avait été mon tour et à présent c’est ma petite fille à moi et celle de mon frère qui saignaient aussi… et ma mère avait préservé cet espace.
J’ai souri aussi parce que ma tête m’avait emporté non seulement dans ce dédale de dates et de doutes mais aussi d’angoisses desquels je revenais doucement. Parce que qui dit menstrues dit aussi douleur aux seins… mais qui dit pas de menstrues et douleurs aux seins dit grossesse et quand la grossesse n’est pas de mise alors douleur aux seins peut rimer avec cancer, peur et terreur. Dans cette chute hormonale, dans cette désagrégation de mon utérus et de mon être entier, la mort rôde, la mort suinte jusque dans les recoins de mon âme, faisant s’emballer mon mental trop confus et s’empêtrer dans des scénarios qui n’en finissent plus. Si je m’étais écoutée, je ne me serai pas laissée embarquer, jusqu’à perdre pied.
J’ai souris à tout ceci en quelques secondes, en quelques minutes, tandis que de l’autre côté de la porte, les enfants s’impatientaient et commençaient à chahuter leur excitation d’enfin  pouvoir découvrir leur cadeau… des cadeaux qui seraient propres à chacun en fonction de ce qu’ils auraient rêvé.
De l’autre côté de la porte on attendait la Mère en moi, la Fille, l’Amante, alors que pour quelques jours je serai Sorcière et que le tissage entre les mondes ne serait pas des plus facile. Mais il était là mon cadeau, dans le souvenir que la voie du corps est initiatique chez les femmes et la conscience de plus en plus aiguisée d’être Entière à tous les instants, de cesser d’être écartelée et d’apprendre à danser doucement, souvent, pour célébrer toute cette beauté, toute cette magie au fil des saisons, des désagrégations et des excitations !


Et c’est ce que je vous souhaite à toutes jeunes filles, femmes en fleurs, femmes mûres et femmes sages, je vous souhaite de danser avec cette ronde des saisons qui vous habite, de faire corps avec votre corps et de vous accueillir comme une déesse riche de nombreux pouvoirs et libre de vivre chacun de ces passages en conscience, en fierté, en célébration … qu’elles soient de larmes ou de chants, ou les deux mêlés, mais que plus jamais aucun pan de votre entièreté ne soit renié.
Je vous souhaite de danser pleine et ronde sous la lune, féconde de vos états d’âmes, de vos créations à venir et à chérir, de danser pieds nus sur la Terre, les bras ouverts aux Vents,  vos larmes, votre sang offerts à la rivière, au grand mystère, et votre cœur gonflé de ces marées qui nous assaillent, nous portent et nous effeuillent toujours plus loin, toujours plus grand, toujours plus fort, comme l’ont été nos mères et nos grands-mères avant nous, comme nous souhaiterions l’être pour nous filles et nos fils à venir et que le monde recouvre enfin le grand privilège d’avoir accès à la médecine, aux savoirs et pouvoirs des femmes.

Que cette année 2018 soit douce, guérisseuse et honorante pour tous les vivants de la Terre.
HO !



*Dans les sociétés autochtones, on dit qu’après avoir offert son sang à la terre lors de ces menstrues, à ces enfants lors de ses grossesses, la femme ménopausée garde son sang pour elle afin de nourrir son essence et de pouvoir assumer ses transmissions.



Tous droits réservés à Laetitia Toanen, 26 décembre 2017

mardi 29 août 2017

Rituels pour soutenir la rentrée

Alors qu’août égraine ses dernières journées d’été, tout doucement quelque chose dans l’air va changer. Un grand rituel se prépare; celui de la rentrée et du passage à un autre rythme !
Que l’on soit parent, professionnel, étudiant ou enfant, que l’on fasse l’école à la maison, que fréquente la garderie ou l’école du quartier la rentrée est un grand moment qui rime souvent avec différents changements. C’est l’occasion d’un nouveau départ, de nouveaux engagements !
Parfois pleine d’enthousiasme, de hâte et d’impatience elle peut aussi être teintée d’appréhension, de peur de l’inconnu, de doute quand à nos capacités, de deuil.
Ainsi il peut s’avérer porteur de prendre un moment pour déposer ce qui nous habite lors de cette période afin de faciliter la transition, d’accueillir  nos émotions et notre vécu, de libérer nos tensions pour faire place à quelque chose de plus léger et confiant. Nommer ce qui nous inquiète, être entendu dans nos réticences, soutenu dans nos craintes afin de se sentir plus fort, entouré et rassuré.
Puis on peut déposer nos intentions, nos ambitions, nos souhaits, ce dont on rêve, ce à quoi on va s’appliquer afin de le partager, de l’enraciner et de déjà lui prêter corps.

Afin de rendre ce moment plus ludique et créatif il s’avère souvent porteur d’inscrire le tout sur une grande feuille de papier où chacun ira de ses mots et couleurs, de ses dessins et collages afin d’exprimer ce qui lui est précieux, sensible, important. Outre le plaisir de construire ensemble, cette œuvre permet d’ancrer les besoins, possibles, envies de chacun. De les illustrer aide aussi à les matérialiser, les partager avec moins de timidité et de s’apercevoir que cela forme quelque chose de beau qui fait rêver. De plus il sera possible de se reporter à cette carte de nos intentions en cas de besoin ou lorsqu’il nous faudra nous ressourcer, nous motiver ou encourager l’un des nôtres. Contempler notre création est une façon de garder vivants nos intentions et nos engagements autant pour les petits que pour les grands. Pour les parents cela peut également servir de mantra pour préserver notre calme, écouter ce que parfois nos enfants disent autrement qu’avec des mots et s’arrimer les uns aux autres. Ultimement cela établit une vision commune qui nous guidera au fil des mois et saisons à venir.

Ce moment en famille peut également être décliné sous forme de bracelet, pierre de confiance, petit objet de pouvoir qui sera « chargé » d’une intention particulière, d’un souhait ou d’une qualité. Celui-ci pourra être glissé au fond de la poche ou de l’étui à crayon, noué au poignet ou au sac à dos afin de se rappeler que nous ne sommes pas seul dans cette aventure et que nous avons en nous ce qu’il nous faut pour avancer pas à pas dans ces moments de grande adaptation.

Le soir de retour d’école on pourra également veiller à déposer les moments plus difficiles, mais aussi honorer nos forces, talents et fiertés. On peut les symboliser au moyen d’une perle et les enfiler sur un fil ou les matérialiser par le biais d’un caillou que l’on met dans un pot … au fil du temps cela permet de prendre conscience et de réaliser tout ce que nous surmontons, partageons et accomplissons.

Et puis pourquoi ne pas terminer le tout par une bonne tisane réconfortante? Préparer une tisane demeure un des plus anciens rituels du monde. Il contribue au sentiment de sécurité, diminue le stress et l’angoisse, apporte apaisement et bien être… sans compter tout ce que les plantes pourront supporter par leur vertus médicinales.

Et pour finir n’oubliez pas de vous caliner, de vous serrez dans les bras, de vous bisouter, de partager un massage, de vous étreindre. Il n’y a rien de tel pour se sentir aimé, bon, beau, capable, apprécié, entouré.

Poser des gestes rituels c’est l’occasion d’exercer notre liberté de choisir, d’honorer et d’apprécier nos chemins de vie, notre unicité, notre créativité et nos rêves, de nous soutenir les uns les autres et de cultiver le lien qui nous unit et nous rend fort … fort heureux  même lorsque les notes et commentaires ne reflètent pas l’intensité de notre engagement et de nos efforts. Poser des gestes rituels c’est la possibilité de faire sens pour nous, quoi qu’il arrive.

Pour explorer davantage le sujet;
Plantes médicinales et rituels 
   pour soutenir la rentrée en toute légèreté
14 septembre 2017, à la coop Alina
19h00 à 21h00, 15 $

À la découverte de 4 plantes médicinales utiles pour la rentrée.
Survol de l'alimentation et du mode de vie favorable pour cette étape.
S'outiller afin de poser des gestes avec une intention favorisant la concentration, la confiance en soi, le goût du dépassement et mieux gérer le stress.
Suggestions pour développer une vision familiale commune.

En compagnie de
Marie-Soleil Boucher Herboriste thérapeute
Laetitia Toanen Accompagnatrice en pratique rituel
info et inscription
418-723-1739
581-246-3042