jeudi 17 décembre 2015

mercredi 2 décembre 2015

Rituel de l'Avent

L’Avent signifie quelque chose qui vient !

À mesure que les flocons tombent, le temps des fêtes fait son arrivée accompagné d’un rituel que  la maisonnée aime beaucoup; celle de la spirale de l’Avent.  Un peu à la façon des calendriers de l’Avent servant à compter les jours nous séparant de Noël tout en découvrant une petite surprise jour après jour, la spirale de l’Avent dessine un grand chemin à la différence que celui-ci représente l’univers et que la surprise est celle de la lumière que porte notre vie.

La spirale symbolise la naissance, l’évolution, l’expansion de l’univers et son mouvement infini à l’intérieur duquel nous vivons, cheminons, évoluons. Elle va aussi illustrer le fait que tout est un éternellement recommencent. En effet, dans le cycle de vie et de mort, la vie se renouvelle, évolue, se perpétue. Au mois de décembre, la nature se meurt; les arbres sont dépouillés de leurs feuilles depuis plusieurs semaines déjà. La noirceur s’intensifie de jour en jour à mesure que le froid mord davantage. Nous voilà dans un temps d’introspection, peut-être parfois plongés dans nos propres noirceurs d’où la nécessité de veiller sur notre petite lumière. Celle qui brille en nous, celle qui nous anime, celle qui parfois vacille, mais qui toujours continue d’exister… un peu comme les graines enfouies en terre, au repos, en dormance, qui une fois le printemps revenu, la terre abreuvée et réchauffée se mettront à pousser pour pointer de nouveau vers le soleil.

Ainsi sur cette spirale de l’Avent nous allons marquer chaque jour écoulé au moyen d’une petite chandelle. Celle-ci, une fois allumée, célèbre la vie qui nous anime. Elle est également l’occasion de faire rayonner notre lumière et de la diffuser en ce temps de festivité et de partage. Ainsi au moment de l’allumer, l’enfant pourra chanter une petite chanson rappelant sa place dans le monde et dans l’univers. Il pourra aussi dédier sa chandelle, offrir sa lumière à quelque chose où quelqu’un qui l’a particulièrement touché au cours de la journée. Chez nous  des chandelles ont été allumées pour mon grand père qui a 95 ans, pour un petit bébé qui venait de naitre, pour une soirée formidable passée entre amis, pour un souhait que l’on voulait voir se réaliser, pour les enfants en Haïti, les mamans en Syrie, les prisonniers d’Amnistie auxquels nous avions écrit. Ce fut l’occasion de moments de grande émotion qui ont suscités d’incroyables réflexions et discussions, autant chez notre tout petit qu’avec les plus grands. Pour la maman que je suis, qui adore avoir tout ses petits réunis, c’est un rituel autant magique que magnifique.

Ainsi le soir venu constitue un moment fort de l’Avent, toutefois le grand jour de sa fabrication en est un tout aussi important ! On peut faire une spirale que l’on découpera dans une plaque de bois. Mais on peut aussi la modeler avec de la pâte modeler, de la pâte à sel ou fimo. Il est également possible de simplement la dessiner au moyen de pommes bien rouges, de pommes de pins, d’étoiles d’anis, de coquillages, de petits cailloux, etc… autant d’objets qui pourront être placés en spirale, intercalés d’une petite lumière qui pourrait tout simplement être une petite bougie chauffe plat !

Et si on veut vraiment faire les choses en grand, alors les quatre semaines de l’Avent seront également accompagnées des quatre directions, des quatre saisons et des quatre grands règnes ! Ainsi notre spirale, prendra place au sein d’une véritable table de saison* où s’égayeront personnages, plantes, cailloux et animaux susceptibles de créer tout un monde d’aventures et d’histoires jusqu’au grand jour de Noël !!!


* La spirale de l’Avent est issue de la pédagogie Steiner. Si certains ont cherché à malmener tout l’aspect anthroposophique lié à cette célébration, elle a été pour moi une base inspirante à un rituel familiale que nous avons modulé et adapté en fonction de nos envies et valeurs.  Voilà toute la beauté des rituels, créer des moments forts et sacrés, à vivre en famille et entre amis selon nos envies en respect avec nos principes et valeurs !

* La table de saison fait également référence à la pédagogie Steiner.

* Chanson de la spirale de l’Avent issu de la pédagogie Steiner, qui là encore peut être modifiée ou adaptée selon notre inspiration :

Je porte ma chandelle
dans la nuit
Je porte ma chandelle
dans la nuit
Illumine, illumine, 
illumine mon cœur
Illumine, illumine,
illumine la nuit
Vois ma petite bougie
briller dans la nuit,
 oh que j’aime ça
Sa lueur, oh que j’aime ça, 
Sa lueur
Vois ma petite bougie
briller dans la nuit,
oh que j’aime ça
Sa lueur, oh que j’aime ça
, Sa lueur


Pour plus d'infos sur les rituels: www.chemins-de-traverse.ca


dimanche 15 novembre 2015

Mamans zen; Le plaisir de lire

Cette semaine j'aurai presque réussi à être zen !
... si je n'avais pas été un tantinet débordée, jusque à en oublier un rituel fort apprécié; celui du plaisir de lire !
http://mamanszen.com/le-plaisir-de-lire/

dimanche 8 novembre 2015

La fin d'un chemin

Elle s’était annoncée, on savait qu’elle arrivait…
Et puis voilà l’heure a sonné.

Je me demande si dans ces moments là, c’est la mort qui s’en vient… ou la vie qui s’en va.

Et me voilà en dérive dans mes souvenirs, souvenirs exhumés par cette mort confirmée.
Souvenirs d’enfants, d’enfants chanceux, heureux,
A l’abri des soucis de famille, de ceux qui crèvent le cœur et étouffent le bonheur.
Je le vois fier dans sa Mercedes argentée, accompagnée de son amour et sa beauté,
Je le vois nous emmenant donner à manger aux poneys, nous offrant des bonbons par poignées.
Je le vois jeune et élégant, avec mes yeux d’enfant,
Je le vois plein d’idées et de projets, toujours porté par la nouveauté,
Je le vois heureux de son bébé enfin arrivé,
Sans savoir qu’une fois la nuit tombée, il se laisse emporter…
Pas certain, de vouloir accueillir un autre matin.
Je le vois, dans ma peine et ma rage d’adolescente, impuissante.
Je le vois sans vouloir le voir vraiment, parce qu’en vieillissant on comprends que certains tourments sont trop grands .

Je ne le verrai plus, ni bourru, ni abattu, ni vaincu.
Seulement dans mes souvenirs d’enfants, d’enfants chanceux, heureux.
Ça ne m’a pas empêché de pleurer … de partir marcher dans la forêt,
Sur les traces d’une autre mort, que nous avions déposée non sans effort
Au cœur du dernier hiver, avec mon père.
Je n’y étais jamais retournée, pas certaine d’assumer ce que ça me ferait.
Et voilà qu’aujourd’hui, mes pas m’y ont conduit.
Lorsque j’ai vu les ossements dépouillés de leur chaire, reposer sur la Terre
Près à retourner dans leur antre, peut-être en attendant l’accueil d’un prochain ventre,
J’ai compris, le cycle de vie.
Momentanément accepté la beauté et le sentiment de paix
Lié à la vie qui s’en est allée.
Goûté à la sérénité,
Que la mort ne soit pas une tragédie,
Mais un simple chemin de vie.

Puis l’arbre et son tronc dévié, tandis que les corneilles tournoyaient,
M’ont accompagné,
Le temps de t’honorer.
De revisiter mes souvenirs d’enfant qui t’adorait.
De te remercier, pour ce que tu m’as permis d’approcher.


Bon vent mon tonton
Je t’aime

mercredi 14 octobre 2015

Un monde qui ne sait plus vivre avec ses enfants

J’arrive du festival du féminin qui se tenait en fin de semaine  dernière à Montréal, où je me suis rendue avec Petit Caillou pour donner un atelier et tenir une tente rouge ! Je vous reparlerai du festival bientôt ! En attendant incursion ethnologique dans une société qui n’ose plus vivre avec ses enfants. Parce que oui, je suis allée au festival en compagnie de mon Petit Caillou de 4 ans !

Nous sommes donc partis de bon matin de notre Saint-Loin du Loin Loin afin de nous embarquer pour 8 heures de bus et gagner la métropole ! Premier constat, même si j’y avais pensé sans réussir à fonctionner autrement malgré tout, j’allais manquer de bras ! Et oui, on partait pour trois jours, ce qui implique quelques vêtements et brosses à dents, auxquels il faut immanquablement ajouter quelques jeux lorsqu’on voyage avec un bambin de 4 ans, que l’on a 8 h de bus à faire, 3 jours d’ateliers, dont deux au cours desquels nous aurons à intervenir ! S’ajoute le fait que le dit bambin est difficile à nourrir et qu’il est plus simple d’emmener ce qu’il accepte de manger, plutôt que de devoir partir chasser entre deux ateliers ! J’avais donc une valise… une trop grosse valise, un sac à l’épaule afin d’avoir de quoi jouer, manger et patienter pendant les 8 h de bus et … mon bâton de lune ! Un bâton d’1.60m largement emmitouflé afin de préserver sa préciosité ! Manquait une main pour tenir celle de mon bambin !!! Tant pis, à 6h du matin et à St-Loin du Loin du Loin Loin on ne craint pas trop les méchants, kidnappeurs d’enfants ! Ainsi on a réussi à embarquer, tout doucement le bus s’est ébranlé… Pendant, 8h de temps !

Ainsi, nous avons fait notre vie et récolté bien malgré nous quelques commentaires quand à notre façon de faire ! « C’est qu’il parle bien votre enfant, il est drôlement patient ! » « Merci de nous avoir divertit ! » (De rien c’est un plaisir de savoir que nous avons été écoutés et épiés pendant tout le trajet). Une fois débarqué du bus, la vraie aventure a commencé ! Dédales d’escaliers dans le métro bondé pour saluer notre arrivée !

Rituel d’ouverture, table ronde, souper, soirée, tout s’est enchainé à grand coup de tétées, de biscuits à grignoter et de casse-tête à assembler pour s’occuper.  Tout c’est bien passé sous les yeux ébahis des femmes rassemblées;
« Bien dites donc ce qu’il est  calme votre enfant, il est vraiment patient ! », comme si c’était une épreuve de torture que d’être sur les genoux de sa maman pendant un petit moment ! « Coudon, tu es bien mignon, on ne t’a pas entendu, ma fille n’aurait jamais tenue! », et vlan dans les dents de l’enfant absent ! Madame le savez-vous vraiment ? Avez-vous déjà essayé ? Avez-vous seulement osé ? Et puis pourquoi un enfant sage est un enfant que l’on a pas besoin d’écouter, duquel il n’est pas nécessaire de s’occuper ?
« Tu restes avec maman, tu n’es pas trop fatigué, tu ne voudrais pas aller te coucher ? »,
C’est vrai que de s’endormir dans les bras de maman est vraiment affligeant, alors qu’il pourrait être couché accompagnés de monstres sous son lit, la porte fermée et une lumière pour le veiller !
« Mais il est parfait ce petit ! », parfait une fois endormi, mais avouez qu’il vous a terrorisé lorsqu’il est arrivé !
Ce qui est fou dans ce genre de propos, c’est qu’il est totalement impensable d’envisager que l’enfant puisse s’amuser, que l’on ne soit pas une mère névrosée, ou même d’accepter que l’enfant aurait pu faire du bruit et que tout le monde aurait quand même été en vie !!!

Après avoir dansé et chanté on a fini par aller se coucher ! On a bénéficié d’une place en auto qui nous a évité le métro ! Et une fois à l’appartement Morphée nous a emporté tout doucement. Au petit matin, mon bambin a sauté dans le bain et nous étions fins prêts à commencer une autre journée ! Une autre journée au cours de laquelle Petit Caillou allait découvrir le plaisir de discuter  avec toutes ces femmes rassemblées qui peu à peu commençaient à s’émerveiller ! Et oui le charme était en train d’opérer !
« Il est extraordinaire votre enfant ! »
« Il est toujours comme ça, je n’ai jamais vu ça? »
« C’est vraiment inspirant de vous voir avec votre enfant! »
« Il n’est vraiment pas dérangeant. »
On nous a accepté dans presque tous les ateliers… et oui une nous a refusé, sous prétexte que ce serait trop compliqué ! Compliqué pourquoi, ça on ne le saura jamais, si ce n’est que ça devait beaucoup la stresser d’avoir un bambin à proximité ! Mais d’autres ont proposé de m’accompagner pour m’aider, de lui prêté un petit tapis pour qu’il puisse se coucher et certaines ont même rigolé de ses réflexions éveillées ! Ainsi, on nous a observé, jugé, contemplé, questionné ? Mais qu’est ce que je faisais dans ce festival du féminin avec mon bambin ? C’est fou même à rassemblement sur la féminité sacrée on omettait la maternité ! Pourtant des ateliers s’y intéressaient, plusieurs femmes arboraient une grossesse avancée, mais les femmes étaient ici comme dans le reste de leur vie, coupées, amputées, divisées, partagées, tiraillées… Ainsi j’ai expliqué que nous venions de St-Loin du Loin Loin,  que j’allais donner une tente rouge ainsi qu’un atelier, et que du fait de l’allaitement il était impossible de se séparer. Mais peu importe l’allaitement prolongé, le sentiment de sécurité, le besoin de proximité, l’envie de partager, le désir de conjuguer. Le fait d’avoir à expliquer raconte à quel point nous avons oublié. Oublié que parents et enfants sont fait pour vivre ensemble et que cela peut être tellement satisfaisant. Oublié que Petit Caillou n’est pas une exception, mais que de nombreux autres enfants auraient réagis de la même façon. Oublié que la vie n’est pas obligée d’être morcelée, fragmentée, séparée par groupe d’âge, profession, obligation. Oublié que ce ne sont pas les enfants qui sont tannants, mais bien les adultes qui sont exigeants. Oublié que les enfants sont fait pour apprendre des grands, qui eux ont tout à gagner de ne pas oublier leur cœur d’enfant.

Ainsi pendant trois jours durant, on nous a témoigné de l’intérêt, nous nous sommes liés d’amitié, avons été appréciés et même remerciés … remerciés d’être venus de si loin pour donner un atelier, remercié d’être venus de si loin pour donner un atelier en compagnie d’un si charmant bambin qui a su faire rire, réfléchir, intriguer, questionner par le seul fait d’exister… de faire sa vie comme bon lui semblait au milieu d’un festival de la féminité. De faire sa vie comme bon lui semblait en étant bien entouré, veillé, accueilli par des gens qui au début n’étaient pas sûr d vouloir de lui et qui au final ont été séduits. De faire sa vie d’enfant de 4 ans en jouant, écoutant, tétant…  en suivant sa maman tout simplement !


PS Par contre je dois dire que si on ne sait plus vivre avec nos enfants ont sait encore prêter main forte aux mamans ! Un monsieur du métro s’est occupé de nous faire passer dans un guichet particulier, compte tenu de mon barda et fatras ! Un homme, deux hommes, trois hommes m’ont proposé de porter, ma valise bourrée ! Un autre s’est mis en travers de la porte du métro pour nous permettre d’embarquer ! Une dame a cédé son siège à Petit Caillou et fait le reste du trajet debout ! Une autre m’a aidé à me retrouver, tandis que j’hésitais quant à la sortie à emprunter ! Parvenus au collège où se tenait le festival, il nous restait encore trois étages à gravir avant de nous réjouir ! Un preux chevalier, s’est chargé de nos bagages dans l’escalier ! Et une fois revenus à notre St-Loin du Loin Loin, au milieu de la nuit avec un petit bambin endormi, le chauffeur d’autocar est venu déposer nos bagages jusque dans le coffre de la voiture, histoire de finir en beauté notre aventure !!!!


dimanche 11 octobre 2015

Rituel de la fête des récoltes

En ce temps d'action de grâce je vous invite à prendre un temps
... pour honorer vos récoltes
... pour remercier la Terre Mère qui supporte vos pas
... pour apprécier les douceurs et bontés de vos vies
... pour célébrer le coeur de ce qui vous habite
... pour dire votre amour à ceux qui vous sont précieux
... pour cultiver la gratitude et le sens du Sacré

Et parce que parfois on ne sait pas trop comment s’y prendre, on ose pas trop écouter son cœur, on craint la critique ou le jugement, je vous partage quelques suggestions de moments magiques pour célébrer ce privilège de pouvoir rendre grâce !

L’action de grâce rime avec fête des récoltes, aussi j’aime beaucoup profiter de cette occasion pour remercier la Terre mère en lui offrant;
-       un petit peu de nos récoltes pour la nourrir ou nourrir les animaux de la forêt
-       des gâteaux fait de graines et de gras pour faciliter la vie aux petits oiseaux
-       du tambour en écho à son cœur qui bat, des chants et de la danse pour faire vibrer en nous et transporter dans les airs notre gratitude et notre joie
-       un mandala fait de pétales de fleurs, de céréales, de glands, mousses, pommes de pin et autre trésors de la nature afin de rendre hommage à sa beauté
-       des bulbes chargés de souhaits que nous mettons en terre et qui fleuriront au printemps suivant

Si les récoltes sont certes liées à la Terre, maison peut également souligner celles en lien avec nos cœurs, nos vies, implications et communautés. Ainsi c’est une belle occasion de prendre un temps d’arrêt seule, ou entouré (e) de nos amis rassemblés en cercle pour partager ce que nous avons accompli et réalisé, ce dont nous sommes fiers, particulièrement émus ou reconnaissants. Ce peut-être l’occasion de souligner une avancée, un effort, un projet abouti, une satisfaction ou de simplement prendre conscience du privilège d’être réunis pour ce moment, d’être entouré, choyé, en santé. Au moment de se raconter on peut déposer devant soi un bouquet de fleurs, allumer une bougie ou parsemer quelques grains de riz ou miettes de pain afin de concrétiser nos paroles et de laisser une trace … trace à contempler, trace à offrir, trace de la preuve de notre présence, de notre passage.

La fête des récoltes ayant lieu au moment de l’année où il commence à faire froid et gris j’aime beaucoup rentrer au chaud après le rituel extérieur afin de partager un repas fait de ce qui pousse chez nous. Il y a des années où nous avions un repas complet et d’autres une simple croustade aux pommes… l’occasion remarquable de prendre conscience de notre consommation, du lien qui nous unit à la Terre, des efforts nécessaires pour une récoltes,  des aléas liés à la météo et au cycle de la nature, d’être reconnaissant, de se satisfaire de ce que l’on a, de prendre le temps de remercier et de partager.


PS Je sais que cet article arrivera un peu tard, mais il n’est jamais trop tard pour cultiver la gratitude et prendre le temps de partager nos récoltes !

jeudi 8 octobre 2015

Semaine de l'allaitement

La semaine dernière avait lieu la semaine de l’allaitement et bien que forcément, je sois en retard pour en parler, impossible de laisser tomber !
Pour l’occasion j’ai décidé de faire un petit tour de la maison et de récolter leurs émotions et opinions !
D’autant que chez nous l’allaitement est une histoire qui se décline en plusieurs versions : tétées symboliques à l’occasion, induction de lactation en raison de l’adoption, utilisation d’un dispositif d’aide à la lactation (DAL), tétées laborieuses et douloureuses et finalement allaitement prolongé d’un bambin qui ne veut s’en passer !!!

Ainsi lorsque je leur ai demandé pourquoi vous avez tété ou tétez encore ? Qu’est ce que ça vous a fait ? Trouver-vous que ça fait du sens ? Voici ce qu’ils ont répondu :

« Ça fait du bien !
Je dois téter parce que sinon ça fait trop chaud dans ma gorge et elle sèche !
Je tète parce que ça me fait du bien dans tout mon corps et que je suis collé sur maman ! Et que je suis bien lorsque tu me tiens la tête !
C'est tout moelleux, puis je sais que y a plein de vitamine dans ton lait.
Puis aussi je tète parce que 'est trop boooonnnnn !!! »

« Quand j’étais petit ça me réconfortait, et je suis content que Petit Caillou en profite lui aussi !
Je me sentais bien et ça me calmait !
L’allaitement ça apporte du bonheur et moi je ne trouve pas ça tannant.
Mais des fois ça m’inquiète quand tu n’es pas là, parce que j’ai peur que Petit Caillou n’arrive plus à patienter et se mette à pleurer.
Et aussi je n’aime pas quand quelqu’un fait une remarque, parce que je crains que ça te mette en colère ou te fasse de la peine.
Je ne crois pas que l’on doive sevrer les bébés ou les plus grands c’est à toi et à lui de savoir, lorsqu’il sera capable d’utiliser un autre moyen pour être bien. »

« L’allaitement c’est la Vie !
Le bébé cherche la chaleur humaine c’est normal, car ça lui apporte du réconfort.
Ce n’est pas seulement lorsqu’ils ont faim, c’est un moment de d’affection auprès de leur maman.
C’est important de les laisser aller selon leurs besoins, de ne pas les sevrer tant qu’ils ont besoin de ce type de réconfort.
Moi je ne suis pas gênée que tu allaites en public parce que tu n’as pas de gros seins qui dépassent !
Je vais allaiter mes enfants lorsque je serai une maman. »

« C’est sûr que pendant un certain temps ça réduit notre exclusivité au corps de la femme que l’on aime et ça rend une partie féminine un peu moins érotique.
Si on m’avait dit que tu allais allaiter jusqu’à l’âge de 4 ans, je crois que j’aurai trouvé cela vraiment extrême. Mais maintenant je me dis que je ne serais pas capable de mettre un frein à ça. Ce serait purement égoïste !
Ça favorise une relation différente avec la mère et le père.
Je ne peux pas nier que ça a impact sur la logistique de séparation et que rapidement je me sens démuni si tu n’es pas là.
Pour ce qui est d’allaiter un enfant adopté, c’est vrai qu’il a fallu que j’apprivoise l’idée. Mais si tu es ouvert à l’idée ça a tellement de sens. Ce n’est peut-être pas complètement naturel mais lorsqu’on y réfléchit c’est un atout thérapeutique certainement autant pour l’enfant que pour la mère. À partir du moment où tu acceptes l’idée de l’adoption, il n’y a pas de raison que ça choque.
Quand à savoir si le fait que l’allaitement prolongé puisse être un plus lorsqu’un enfant mange peu et bien disons que c’est plus facile de faire manger des légumes à la mère qu’à un petit, alors autant en profiter !!! »

De mon côté je dirais que ces moments ont été et sont encore magiques, honorants, grandissants. Je les chéris. Ce sont des moments sacrés desquels je profite pour m’enivrer de mes enfants, savourer mon bonheur d’être mère, le privilège de pouvoir les nourrir naturellement. C’est une danse qui parfois se révèle vraiment intense et d’autres fois beaucoup plus calme, ressourçante presque. Sans compter que je ne verrais pas l’intérêt de sevrer mon bambin pour lui mettre du lait d’un autre animal dans un contenant de plastique alors que je n’ai qu’à relever mon chandail, caresser ses cheveux et apprécier ce moment de plénitude, de félicité.